Objectifs

FORTIUS | Un projet international pour la valorisation du patrimoine
fortifié de Pampelune et de Bayonne

Pampelune et Bayonne | Deux villes jumelées et fortifiées

Tout au long de l’histoire, les villes, en particulier celles qui occupaient une position stratégique pour le contrôle et la défense de leur territoire, se sont fortifiées pour se défendre des éventuelles attaques ennemies. Elles ont été délimitées par des ceintures de pierre qui se sont adaptées et perfectionnées au fur et à mesure de l’évolution de l’artillerie et des techniques militaires. Ce caractère de place forte a conditionné l’histoire, l’évolution et la structure urbaine de nombreuses cités et, par conséquent, avec le temps, a aussi entraîné des problèmes d’habitat et de salubrité. Au début du XXème siècle, avec l’arrivée de l’aviation militaire, ces forteresses, vulnérables depuis les airs, ont perdu leur fonction défensive première. Cette perte d’efficacité défensive, conjuguée à une forte croissance démographique, a fait des remparts une gêne pour les villes. Le développement des trames urbaines a entraîné, à la fin du XIXème siècle et au début du XXème, la démolition d’une grande quantité de pans de muraille et autres éléments défensifs afin de permettre la construction de nouveaux espaces.

Cependant, de nombreux pays disposent d’un fabuleux héritage de constructions militaires d’époques différentes qui, un temps, ont servi à la défense de leur territoire. Ces dernières sont alors devenues de véritables monuments ou espaces à préserver. Dans certains cas, ces legs sont, aujourd’hui, le symbole identitaire de leur ville.

Heureusement, Pampelune et Bayonne ont conservé la plupart de leurs fortifications. Celles qui, à une époque, représentèrent un problème urbain, sont aujourd’hui  protégées  au titre des Monuments historiques ou déclarées monuments nationaux. Actuellement, elles sont parmi les ensembles défensifs les mieux conservés d’Europe.

Les fortifications qui subsistent de nos jours, à Pampelune et à Bayonne, représentent un parfait exemple de la transition entre le système défensif médiéval et la modernité de la Renaissance en termes d’ingénierie militaire, d’innovation technique et de talent. Elles permettent de deviner l’évolution  technologique constante de l’art de fortifier des plus prestigieux ingénieurs militaires formés aux grandes écoles de poliorcétique de l’époque.

Les cités de Pampelune et de Bayonne,  partageant de nombreux points communs dans leur histoire, leur culture et leurs traditions, présentent en outre, l’une comme l’autre, un caractère de places fortes depuis leur fondation. Leur disposition stratégique des deux côtés de la frontière pyrénéenne, entre l’Espagne et la France, en ont fait des points clés de la défense de leur territoire respectif. De plus, ces fortifications ne peuvent se comprendre en dehors d’un système plus large, à savoir le système défensif pyrénéen, doté d’un ensemble de places fortes très pertinentes des deux côtés de la frontière. Aujourd’hui, une fois perdue cette fonction défensive, les deux cités témoignent d’un héritage patrimonial très riche qui a déterminé l’évolution urbaine des villes jusqu’au début du XXème siècle.

Pampelune et Bayonne, villes jumelées depuis 1960, ont connu une histoire parallèle, avec les mêmes sentiments et aspirations de la part de leurs habitants envers leurs murailles : la nécessité défensive, l’impossibilité de s’étendre, l’envie de s’en affranchir puis, finalement, un symbole de la ville à conserver et à mettre en valeur.

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Citadelle de Pampelune – vue aérienne

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Citadelle de Bayonne- Vue aérienne

 

Par le passé, au vu de l’inefficience des fortifications, les travaux de conservation et de maintenance n’étaient pas prioritaires d’où la détérioration progressive de certains murs, tant par l’accumulation de saleté, le développement d’une végétation spontanée  entre les blocs de pierre ou la spoliation de certains matériaux entrainant de sérieux problèmes de stabilité à certains endroits. Cette dégradation s’est étendue aux quartiers anciens des villes qui, s’étant développés à l’intérieur des murailles, souffraient d’un déficit important d’habitabilité et d’infrastructures.

Conscientes de leur valeur et de leur potentiel, les mairies de Pampelune et de Bayonne ont mis en œuvre divers plans d’action, destinés à la conservation et à la promotion des enceintes fortifiées ainsi qu’à l’amélioration de leur environnement. De nombreuses actions spécifiques ont d’ores et déjà eu lieu pour la conservation et la restauration des monuments comme des améliorations fonctionnelles de l’environnement en termes d’habitat, de fondation, d’espaces publics et de mobilité-accessibilité.

Le travail développé par les deux villes et le parcours suivi ont été analogues en dépit de leur réalisation indépendante. La volonté de partager et de transférer les expériences, ainsi que l’intérêt d’intégrer le patrimoine fortifié au sein du système défensif frontalier ont permis que Pampelune et Bayonne entament, ensemble, à travers le projet FORTIUS | Projet de valorisation touristique et culturelle du patrimoine fortifié de Pampelune et de Bayonne, un chemin qui assure la compréhension commune de ce patrimoine défensif, tout en générant un sens de l’identité et de la cohésion au service de la consolidation de leur sentiment d’appartenance à l’Union Européenne. Le projet FORTIUS s’inscrit dans le Plan Opérationnel Territorial Espagne – France – Andorre [POCTEFA] promu par la Communauté de Travail des Pyrénées [CTP] et bénéficie du soutien des Fonds Européens pour le Développement Régional [FEDER].

Les deux villes ont déjà réalisé d’importantes actions de restauration et d’amélioration de leurs enceintes fortifiées, les transformant en lieux de rencontre et de découverte pour les habitants et les visiteurs. Le moment est venu de profiter de ces remparts et de faire en sorte que ces anciens systèmes défensifs deviennent des lieux de vie et de découvertes multiples.